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Matériaux bas carbone : quelles solutions pour décarboner la construction ?

Près de deux tiers de l'empreinte carbone d'un bâtiment proviennent des matériaux mis en œuvre. Face aux exigences de la RE2020 et des démarches RSE, la maîtrise d'ouvrage s'oriente vers des solutions constructives à faible impact. Bétons alternatifs, matériaux biosourcés, réemploi : quelles sont leurs caractéristiques et leurs performances réelles sur le terrain ? Éclairage à travers nos retours d'expérience de chantier.

05/12/2024

L'essentiel du sujet :

  • Les matériaux de construction et les équipements génèrent près de deux tiers de l'empreinte carbone globale d'un bâtiment neuf
  • La RE2020 impose désormais d'évaluer cet impact via l'Analyse du Cycle de Vie (ACV) pour respecter les seuils d'émissions réglementaires
  • La décarbonation s'appuie sur la complémentarité entre bétons bas carbone, matériaux biosourcés, ressources géosourcées et réemploi
  • Ces solutions garantissent des performances mécaniques et thermiques équivalentes aux procédés traditionnels, sans impacter le calendrier d'exécution. 

Qu'est-ce qu'un matériau bas carbone en construction ?

Matériau bas carbone : définition

Un matériau bas carbone est conçu pour minimiser ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) tout au long de son cycle de vie (ACV), depuis sa production jusqu'à sa déconstruction.

L'objectif, limiter sa contribution au changement climatique en adoptant des procédés de fabrication moins énergivores, et en privilégiant l’utilisation de ressources renouvelables ou recyclées.

Son empreinte carbone est calculée via une Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire (FDES). Elle est mesurée en kg CO₂ eq (kilogramme équivalent CO₂) ou par unité fonctionnelle.

Un matériau bas carbone est-il nécessairement écologique ?

Matériaux bas carbone et matériaux écologiques partagent certains objectifs communs liés à la réduction de leur impact environnemental. Mais ils ne désignent pas toujours la même chose.

Le terme « bas carbone » se concentre spécifiquement sur l'empreinte carbone d'un ouvrage et donc, sur ses émissions de gaz à effet de serre. 

Un matériau écologique englobe en revanche un concept plus large de respect de l'environnement. Il prend en compte l'origine des matériaux, leur biodégradabilité, leur toxicité ou leur capacité à être recyclés.

Pour résumer : il est possible qu'un matériau soit à la fois bas carbone et écologique. Mais ce n'est pas toujours le cas. Un composant peut être bas carbone sans être véritablement écologique si sa production implique des procédés non durables ou des substances toxiques.

Aussi, l'intégration d'une solution bas carbone ne doit pas altérer les performances structurelles, thermiques ou acoustiques de l'ouvrage. Un composant qui nécessiterait un entretien précoce ou un remplacement anticipé dégraderait le bilan carbone global du bâtiment.

Les différents types de matériaux bas carbone

Pour décarboner une construction, plusieurs leviers complémentaires peuvent être mobilisés selon les ouvrages et les lots concernés.

Les matériaux biosourcés et géosourcés

Issus de la biomasse végétale ou animale (bois, chanvre, paille, ouate de cellulose), les matériaux biosourcés présentent un bilan carbone très favorable grâce notamment à leur capacité à capter et à stocker du CO2 tout au long de leur cycle de vie. Ils s'utilisent principalement en structure (ossature bois, CLT) et en isolation thermique.

Les matériaux géosourcés sont, eux, issus de ressources minérales d'origine locale nécessitant peu ou pas de transformation industrielle (terre crue, pierre de taille). Ils offrent une forte inertie thermique et un bilan carbone très bas grâce à l'absence de cuisson à haute température.

Les matériaux recyclés

Cette catégorie rassemble les produits fabriqués à partir de matières premières secondaires issues de déconstructions ou du secteur industriel (acier recyclé, granulats béton réintégrés dans de nouvelles formulations). Leur usage permet ainsi d'éviter l'extraction de nouvelles ressources et contribue à la réduction des déchets. 

Les matériaux issus du réemploi

Ces matériaux sont utilisés pour le même usage pour lequel ils ont été conçus initialement, sans passer par le statut de déchet et sans subir de transformation. Ils bénéficient donc d'une réelle seconde vie en évitant la consommation d'énergie nécessaire à la fabrication de nouveaux produits. 

Les innovations technologiques

Il s'agit d'évolutions appliquées aux matériaux traditionnels du BTP. L'exemple principal concerne les bétons bas carbone formulés avec des ciments à faible teneur en clinker (substitué par des laitiers de haut-fourneau, des laitiers activés ou des liants alternatifs). Ces formulations conservent des propriétés mécaniques équivalentes aux bétons courants tout en diminuant leur impact carbone.

 

À noter : l'usage des matériaux bas carbone n'a de réel impact que si leur durabilité et leurs performances sont comparables à celles des solutions classiques. Les remplacements prématurés ou réparations fréquentes auraient plutôt pour conséquence d'accroître leur empreinte environnementale.

Les matériaux bas carbone sur les chantiers

Parlons chiffres

Selon les données de l'ADEME (Agence de la transition écologique), le secteur du bâtiment génère chaque année 46 millions de tonnes de déchets.

  • 49 % proviennent de la démolition
  • 38 % de la réhabilitation
  • 13 % de la construction neuve

Un chiffre qu'il devient urgent de réduire par la généralisation du réemploi des matériaux de construction, seule pratique qui permet réellement d’éviter la production de déchets.

Pourquoi intégrer des matériaux bas carbone dans vos projets ?

Pour la maîtrise d'ouvrage, l'adoption de solutions à faible empreinte carbone répond à une évolution majeure du bilan environnemental des bâtiments. 

matériaux bas carbone part dans les emissions

Dans les pratiques actuelles, deux tiers des émissions de gaz à effet de serre d'un ouvrage sont générés par ses matériaux et équipements. L'énergie consommée en phase d'exploitation ne représente plus qu'un tiers du total.

C'est cette répartition qui place le choix des matériaux au cœur des exigences des réglementations, et plus particulièrement de la RE2020. 

Réduction de l'empreinte carbone des opérations

Il s'agit d'ailleurs du principal avantage de ces matériaux. Contrairement aux techniques classiques, ils représentent une alternative sérieuse pour relever les défis liés à l'urgence climatique. La décarbonation de nos bâtiments n'est désormais plus une option, mais une nécessité.

Conformité avec les réglementations environnementales

Les matériaux bas carbone sont soutenus par un cadre réglementaire de plus en plus strict. En France, ils répondent notamment aux exigences de la RE 2020 qui impose une analyse globale de l'impact des constructions neuves. L'analyse du cycle de vie (ACV) évalue la portée environnementale de l'ouvrage (y compris des matériaux qui le composent), de sa fabrication à sa fin de vie.

Responsabilité sociétale et image de marque

La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est un levier puissant pour construire une image de marque solide. Adopter des pratiques plus respectueuses de l'environnement vous permet non seulement de répondre aux attentes croissantes de vos clients, mais aussi de vous démarquer dans un marché de plus en plus axé sur la durabilité et la transition énergétique.

Pour en savoir plus sur la démarche Bas Carbone du groupe Léon Grosse, cliquez ici. 

Exemples de matériaux bas carbone sur les chantiers de construction

Le béton bas carbone : incontournable

Le béton bas carbone, formulé à partir de ciment bas carbone, est désormais incontournable dans les projets de construction visant à réduire leur empreinte écologique. 

Ce matériau utilise des liants alternatifs qui nécessitent moins d'énergie pour leur production que le clinker, ingrédient principal du ciment Portland traditionnel. La mise en œuvre et les qualités structurelles du béton bas carbone sont similaires, voire supérieures aux bétons « classiques ».

Des innovations récentes ont même permis de développer des bétons très bas carbone comme le béton Carat produit par Vicat. Il intègre dans sa formulation du biochar, un matériau biosourcé obtenu par la pyrolyse de matière végétale, qui agit comme puits de carbone. Grâce à son liant à l’impact carbone négatif, le béton Carat présente une empreinte carbone particulièrement faible : seulement 30 kg de CO2/m3 pour un C25 XC1, contre environ 200 kg CO2/m3 pour un béton traditionnel. 

Les premiers retours de ce nouveau matériau sont très positifs. Les équipes de Léon Grosse Construction ont expérimenté le béton Carat sur le chantier du 8ème Chemin à Bron (69), un ensemble de logements répartis sur 6 bâtiments. Sa mise en œuvre est identique à celle d’un béton classique, et son temps de prise n’a aucune incidence sur le rythme de décoffrage.

Convaincus du potentiel des bétons bas carbone face à ces enjeux, nous sommes partenaires du groupe Vicat depuis 2021. 

Le bois : un matériau bas carbone aux usages diversifiés

Le bois est un matériau bas carbone qui présente des atouts intéressants en construction. Renouvelable et polyvalent, il trouve sa place dans de nombreux usages : structures porteuses, isolation thermique avec la fibre de bois, bardages, menuiseries, ameublement et combustible de chauffage.

Avec sa capacité à stocker du carbone tout au long de son cycle de vie, le bois réduit l’empreinte environnementale des bâtiments en offrant un mode d'assemblage « sec » et une rapidité d’installation. 

En fin de vie, le bois s’intègre dans une logique d'économie circulaire grâce à la réutilisation et le recyclage.

façade bois matériaux bas carbone

Vous cherchez une manière durable d’intégrer le bois à votre projet de construction ?

Le Panobloc® de Techniwood est une innovation révolutionnaire dans le domaine des façades en bois préfabriquées.

Conçu à partir de matériaux biosourcés et bas carbone, Panobloc® est un produit 100 % français, éco-conçu et durable. Il intègre dans sa structure bois une isolation efficace en fibre de bois ou en laine de roche.

Grâce à son assemblage multi-plis, Panobloc® offre des épaisseurs et performances personnalisées pour chaque projet. Il se pose en mur rideau, en mur manteau ou peut être intégré dans le cycle du béton.

L'isolation biosourcée

L'isolation biosourcée utilise des matériaux d'origine naturelle comme le chanvre, la paille, ou la fibre de bois. Elle s'impose comme une solution écologique et performante pour la construction durable. 

En plus d’offrir une excellente régulation thermique et hygrométrique, ces isolants affichent un bilan carbone réduit grâce à leur cycle de production à faible impact environnemental. Ils contribuent également à une meilleure qualité de l'air intérieur. Leur capacité à être recyclés en fin de vie renforce leur attrait dans la quête de solutions plus respectueuses de l'environnement.

paille matériaux bas carbone

L'exemple de la caserne de Rueil : des façades ossature bois avec isolation en paille

La construction du centre de secours de Rueil et de ses logements de fonction est un de nos chantiers qui se démarque par sa forte ambition d’intégrer des matériaux durables.

Sa spécificité ? Un ouvrage de 6 étages en ossature bois avec isolation en paille, le tout autour d’un noyau central en béton et un trio poteaux/poutres/planchers en CLT (lamellé collé croisé).

Un défi de conception technique réussi qui permet au projet de répondre aux exigences du label NF habitat HQE niveau excellent. 

La brique de terre crue : technique de construction ancestrale

La brique de terre crue, utilisée depuis des millénaires, est parfaitement compatible avec une construction écologique et durable. Fabriquée à partir de terre argileuse parfois renforcée avec de la paille, elle est comprimée puis séchée au soleil.

Son empreinte carbone est donc réduite par rapport à sa version en terre cuite puisque l'étape de la cuisson de l'argile à haute température est supprimée du processus. 

Chantier avec des matériaux bas carbone

Diminuer l'empreinte carbone d'un ouvrage s'anticipe dès la phase de conception. Du choix des bétons aux filières biosourcées et de réemploi, Léon Grosse mobilise ses compétences techniques et ses retours de chantier pour concrétiser vos ambitions environnementales.

Vous avez un projet de construction ou de rénovation ? Contactez nos équipes pour identifier les solutions bas carbone adaptées à vos opérations.

Étudier votre projet avec Léon Grosse

Les questions les plus fréquentes

Quels matériaux ont un faible impact carbone ?

Les matériaux à faible impact carbone sont ceux dont la production, le transport et l’utilisation génèrent peu d’émissions de CO₂. Parmi les plus courants, on retrouve :

  • Le bois (ossature, bardage, charpente) grâce à sa capacité à stocker du carbone.
  • Les isolants biosourcés (laine de bois, chanvre, ouate de cellulose).
  • Les bétons bas carbone, intégrant des ciments alternatifs ou recyclés.
  • Les matériaux recyclés (acier recyclé, granulats recyclés).

Qu'est-ce que les matériaux bas carbone ?

Les matériaux bas carbone sont des produits de construction conçus pour réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre tout au long de leur cycle de vie (production, transport, mise en œuvre et fin de vie).

Ils s’inscrivent dans une démarche de construction durable visant à limiter l’empreinte environnementale des bâtiments.

Comment faire du béton bas carbone ?

Pour obtenir un béton bas carbone, il faut réduire la quantité de clinker (le principal émetteur de CO₂ dans le ciment) et utiliser des alternatives comme :

  • Les ciments composés (CEM II, CEM III).
  • Les liants géopolymères.
  • Les ajouts minéraux (laitiers, cendres volantes, fillers calcaires).
  • L’optimisation des formulations et l’utilisation de granulats recyclés contribuent également à réduire l’impact carbone.

Quels sont les ciments bas carbone ?

Les ciments bas carbone se caractérisent par une teneur réduite en clinker et l’intégration d’ajouts minéraux permettant de diminuer les émissions de CO₂ lors de leur fabrication. Parmi eux :

  • CEM II (ciment Portland composé).
  • CEM III (ciment au laitier de haut fourneau).
  • Ciments géopolymères, encore en développement mais très prometteurs.

Comment mesurer l'impact carbone d'un matériau de construction ?

L'impact d'un matériau est évalué au travers d'une Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitariaire (FDES). Cette fiche s'appuie sur une Analyse du Cycle de Vie (ACV) qui comptabilise l'ensemble des émissions de CO2 générées depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la fin de vie du produit (exprimées en kg CO2 équivalent par unité fonctionnelle).

Un matériau bas carbone est-il forcément plus cher ?

Le coût d'un matériau bas carbone dépend de sa maturité industrielle et de sa provenance. Si certaines innovations ou filières locales (biosourcées, géosourcées) peuvent présenter un surcoût direct à l'achat, l'optimisation globale du projet (préfabrication, réemploi, gain de temps sur chantier) et la conformité aux exigences RE2020 permettent de maîtriser le coût global de l'ouvrage.

Les matériaux bas carbone offrent-ils les mêmes garanties de durabilité ?

Oui. Un composant bas carbone utilisé en structure ou en isolation doit répondre aux mêmes normes de résistance mécanique, de réaction au feu, de sécurité acoustique et thermique qu'un matériau conventionnel. Son intégration fait l'objet de validations techniques (Avis Techniques, ATEx) garantissant la pérennité de l'ouvrage et l'assurabilité du chantier.

Quelle est la différence entre le réemploi et le recyclage des matériaux ?

Le réemploi réutilise un élément déposé sur un chantier pour un usage identique, sans transformation industrielle (ex. : une porte reconditionnée), ce qui annule son empreinte carbone de fabrication. Le recyclage implique une transformation physique ou chimique de la matière (ex. : concassage de béton pour réintégration dans de nouveaux granulats), générant une consommation d'énergie résiduelle.